Du passage au pont à haubans

Embarquement d'une voiture sur la barque du passeur vers 1910

Pour les habitants de Landévennec, d’Argol, de Telgruc, de Camaret ou de Crozon, pas moyen d’échapper à la traversée de l’Aulne s’ils veulent rallier Brest ou le Faou. À moins d’effectuer un détour de près de 30 kilomètres en remontant la rivière jusqu’à Châteaulin… Histoire d’un passage obligé.

1782

Les moines de Landévennec afferment les traversées de l’Aulne dont «le passage de Poulbihan près la chapelle nostre dame du Folgoët conduisant au village de Terennez ».

Le service s’effectue à l’aide d’un grand chaland pour vingt chevaux les jours de marché, et d’un petit pour 7 ou 8 chevaux et les gens à pied, les autres jours.

De la Révolution à la Grande guerre

À Térenez, Gabriel Thomas assure le service, «sans être tenu ni obligé à cette desserte et moyennant le petit salaire que les individus qui ont l’occasion de voyager par le passage veulent bien lui donner ».

1811

Le passage est armé par deux chalands, La Marie-Jeanne et La Marguerite .

1830

« Pour se rendre à Ménez-com, les chevaux, le bétail des Léonnais, sont obligés de passer la rivière de l’Aulne au bac de Rosnohan, et cette rivière étant de marée, quand le vent et le courant sont en opposition avec le flot, il arrive fréquemment de voir le bac dériver et fréquemment aussi de voir ce bac trop chargé chavirer, et la rivière engloutir les hommes et les animaux. Il ne se passe pas de foires à Ménez-com sans accident de cette nature… » (J-F. Brousmiche, 1830).

1909

Une nouvelle cale voit le jour, à 100 mètres en aval des ouvrages existants qui «n’ayant jamais été accessibles aux véhicules à cause de leurs fortes déclivités, sont abandonnés depuis de nombreuses années ». Rapidement, on envisage l’installation d’un bac à vapeurs, à l’image de ceux de Bénodet et de Plougastel-Daoulas, voire, la construction d’un pont suspendu qui paraît «être le plus économique des ouvrages permettant la traversée du passage de Terenez en laissant aux navires remontant la rivière l’entière disposition de la largeur du chenal ».

À l’automne, une commission nautique se prononce en faveur du projet d’un pont suspendu situé à 1.300 mètres en amont du bac.

1914

La guerre interrompt la construction et le fonctionnement du bac en raison de la mobilisation du passeur.

Le passage est provisoirement supprimé en janvier 1915 jusqu’à ce qu’un constructeur de bateaux de Landévennec accepte d’assurer le service les jours de marchés, de foires et de pardons (juin 1916, décembre 1918).

1920

Les travaux, interrompus pendant la première guerre mondiale, reprennent.

1925

Le pont sur une carte postale des années 30

Le 13 décembre 1925, le pont est ouvert à la circulation.

Il est appuyé sur d’imposantes piles de maçonnerie de 68 mètres chacune, d’une longueur de 350 mètres à 38 mètres au-dessus du niveau de la mer.

De ce fait, le pont de Térénez est alors l'un des premiers et des plus beaux ponts de France, et le plus grand d'Europe

Le bac continue de fonctionner par intermittence, jusqu’en 1951.

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