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Ulamir E Bro Glazik : Un chantier pour se remettre sur les rails
Cet automne, les chantiers d’insertion de l’Ulamir E Bro Glazik et d’Objectif Emploi Solidarité ont débroussaillé pour le compte de la Sncf tous les ponts installés sur le réseau ferré entre Lopérec et Quimperlé.
Au lieu-dit Treouac’h, en pleine campagne et pas très loin de Pont-de-Buis, un pont de granite surplombe la voie ferrée Brest-Quimper. Les premiers trains de la journée sont déjà passés et, ce matin-là, une petite équipe d’ouvriers d’entretien achève le nettoyage d’une bande de trois mètres de part et d’autre de l’ouvrage. Les moteurs des débroussailleuses hurlent. Des arbres tombent dans la pente. Les branches comme tous les autres déchets sont ramassés avec soin. Le pont sera désormais accessible aux techniciens de la Sncf pour en vérifier la structure.
Pendant 2 mois, il en sera ainsi sur ce tronçon de voie compris entre Quimper et Lopérec. 46 ouvrages d’art, des ponts comme des aqueducs, vont être débroussaillés et passés au peigne fin par l’équipe du chantier d’insertion de l’Ulamir E Bro Glazik. Sous les casques et les tenues fluorescentes, les 8 volontaires qu’encadrent un animateur de la structure et un employé de la Sncf responsable pour tout ce qui touche à la sécurité de ce chantier itinérant, sont en effet en reprise de marques pour leurs propres projets professionnels. Il y a des accidents de vie à mettre de côté dans les gestes qu’ils retrouvent au contact avec la réalité du travail. L’un a vingt ans passés, un autre affiche une belle cinquantaine.
Ce sont tous des hommes et ils ont signé un contrat de six mois renouvelable qui leur impose 26 heures de travail dans leur semaine. La navette de l’association les récupère le matin et les dépose le soir. Le midi, l’équipe mange dans un restaurant ouvrier au milieu d’autres travailleurs itinérants.
Le chantier Sncf est une nouveauté puisque les marchés auxquels répond habituellement l’Ulamir sont à 95% des travaux liés à l’environnement proposés par des collectivités locales comme la réfection de murs ou le débroussaillage des rives de l’Odet par exemple. Parfois, l’équipe travaille en plein bourg sous les yeux des riverains, d’autres fois elle s’isole.
“C’est un enjeu du projet, commente Fernand Drévillon, le directeur de l’Ulamir. Pour lui, le chantier d’insertion est logiquement venu s’inscrire, dès 1996, dans la gamme d’activités portées par l’association à l’échelon de Ploneis.
“Nous avons toujours placé l’homme au coeur de nos préoccupations. Il était donc naturel que nous nous adressions à un moment donné aux personnes en grande difficulté d’insertion professionnelle.”
Fernand Drévillon , le directeur de l’Ulamir
Ce sont les assistantes sociales du conseil général ou le PLIE qui aiguillent les candidats intéressés vers l’Ulamir. Démarre alors un parcours où chacun cherche à se plier à des horaires, à travailler en groupe, à mieux déterminer un projet professionnel. “Tout notre travail d’accompagnement n’a pas que des visées économiques. Elles sont aussi sociales et même environnementales. Pour les personnes directement concernées comme pour les autres puisque la visibilité habituelle du chantier permet au reste de la population de changer son regard sur les bénéficiaires du projet.”
Ici, l’échec est parfois au rendez-vous avant la fin du contrat, jamais sans de longues discussions avec l’équipe de l’Ulamir. D’autres s’endorment dans le confort du projet et oublient la sortie annoncée. Mais il arrive aussi de belles surprises. Des bénéficiaires requinqués par le coup de pouce du chantier, trouvent d’eux-mêmes une entrée dans le monde du travail avant l’échéance des 6 mois. Ces jours-là, à l’Ulamir, l’idée d’être sur de bons rails vient immédiatement à l’esprit.
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