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Les pesticides dans les eaux brutes et distribuées
Contexte et enjeux
Durant une trentaine d’années, les collectivités, la profession agricole, mais aussi les particuliers ont eu tendance à utiliser de manière importante et parfois sans discernement les pesticides (herbicides, insecticides, fongicides…). Cela a notamment contribué à la pollution des eaux de nappes et des rivières.
Dans les eaux superficielles, le glyphosate et son produit de dégradation, l’AMPA, sont très largement retrouvés de février à novembre. Dans les eaux souterraines, on retrouve fréquemment les molécules de déséthyl-atrazine, métabolite de l’atrazine, pourtant interdite depuis septembre 2003.
Un décret de 2001 impose le contrôle des pesticides dans les eaux destinées à la consommation humaine et règlemente les modalités de ce contrôle. Il fixe en outre des concentrations maximales admissibles en pesticides pour les eaux brutes destinées à la production d’eau potable et pour les eaux distribuées au robinet du consommateur :
- eaux brutes : norme de 2 µg/l par substance et de 5 µg/l toutes substances confondues,
- eaux distribuées : norme de 0,1 µg/l par substance et de 0,5µg/l toutes substances confondues.
Depuis 2004, le contrôle sanitaire des pesticides a été renforcé. Les pesticides sont maintenant recherchés dans les eaux souterraines et aux points de mise en distribution d’eau.
L’arrêté interministériel du 12 septembre 2006 complété par l’arrêté préfectoral du 1er février 2008 limite les conditions d’utilisation des produits phytosanitaires à proximité des fossés, canaux, cours d’eau et points d’eau. L’arrêté du 1er février 2008 en interdit également l’utilisation pour le traitement des bouches d’égout, des avaloirs et des caniveaux en zone urbaine.
Les moyens mis en oeuvre
Le Conseil général intervient depuis de nombreuses années auprès des collectivités et de leurs groupements dans le cadre de programmes de reconquête de la qualité de l’eau menés sur les territoires des schémas d’aménagement et de gestion des eaux et des bassins versants.
Il intervient aussi auprès de la profession agricole en aidant les CUMA et les ETA à l’achat de matériel pour des techniques alternatives ou la constitution de bocage, ou auprès de la chambre d’agriculture pour des actions d’information des professionnels et du public.
Dans le cadre de l’entretien de son réseau routier départemental, il a diminué par quatre la quantité d’herbicides utilisée en substituant des traitements mécaniques au traitement chimique.
Quelques chiffres
Eaux brutes 2008 :
- 18 prises d’eau en rivière et 8 captages souterrains ont des concentrations supérieures à 0,1 µg/l (maximum 1.34 µg/l en rivière et 0,95 µg/l en captage souterrain). Un traitement correctif des eaux brutes pour produire de l’eau potable est nécessaire.
Eaux distribuées 2008 :
- Dépassement observé des normes dans 10 communes ou parties de communes pour la déséthyl-atrazine (0,12 à 0,57 µg/l), pour l’acétochlore (0,22 µg/l) , pour le glyphosate (0.18 µg/l) et pour le carbofuran (0,41 µg/l).
Concentrations maximales admissibles
Dans les eaux brutes : 2 µg/l par substance, 5 µg/l toutes substances confondues
Dans les eaux traitées : 0.1 µg/l par substance, 0.5 µg/l toutes substances confondues
